Au nom de quoi ?

Ferme les yeux.
Pense à ce que tu es. Pense à ce que tu fais.
Pense à ceux que tu as créé, façonné à ton idée, à ta volonté.

Humanité dévergondée par ton esprit perverti, délaissée à l'instant de sa naissance, parce que tu t'en es vite désintéressé, vite lassé d'en prendre la responsabilité. Tu as décrété qu'une fois faite, elle ne serait qu'avec elle-même, dans sa multitude et sa solitude. Après des millénaires de mythes, tu es trop bien installé pour avoir le courage d'aider. Les hommes t'adressent tant de désespoir, te vouent des chants et des massacres, mais il y a longtemps que tu as décidé que tu ne serais qu'une icône, qu'un nom : c'est ce que tu es aujourd'hui, pour des siècles et des siècles, et pour ta plus grande gloire.

7.12.08
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# Online seit Sonntag, 19. April, 2009 um 14:39

Indochine - La République des meteors

Indochine - La République des meteors
Vraiment génial. Pas d'autre mot. Ça tue ^^ Faut juste passer la première chanson, parce que l'intro est franchement louche et agressive pour les oreilles, mais le reste vaut toutes les promesses. Le bonus de l'édition 2 CD, c'est qu'il y a des inédits dessus, et le clip de la chanson qu'ils ont faite pour Pékin 2008, You spit me round.
À écouter , si vous n'avez pas acheté le CD sorti hier, comme moi ^^
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# Online seit Dienstag, 10. März, 2009 um 11:57

Retour 10 ans en arrière...

1999 les enfants !!!
Eiffel 65, I'm blue, que tout le monde connait forcément (I'm blue dabeudidabeudah, oui, tout le monde connait :D)
Leur vrai clip (hum... supeer les effets spéciaux XD) est ici

# Online seit Donnerstag, 19. Februar, 2009 um 15:16

caféééé

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# Online seit Montag, 15. Dezember, 2008 um 09:29

Joyeux Noël

I hear the mountain birds
The sound of rivers singing
A song I've often heard
It flows through me now
So clear and so loud
I stand where I am
And forever I'm dreaming of home
I feel so alone, I'm dreaming of home

It's carried in the air
The breeze of early morning
I see the land so fair
My heart opens wide
There's sadness inside
I stand where I am
And forever I'm dreaming of home
I feel so alone, I'm dreaming of home

This is no foreign sky
I see no foreign light
But far away am I
From some peaceful land
I'm longing to stand
A hand in my hand
...forever I'm dreaming of home
I feel so alone, I'm dreaming of home...


Egalité, Fraternité, Absurdité . C'est cette étrange trilogie qui va nous poursuivre pendant tout ce « conte » de Noël pas tout à fait comme les autres...

Des voix enfantines soudain s'élèvent. Un petit garçon au tableau noir récite, avec application sa leçon. Puis un autre petit garçon le remplace. Puis un autre.
Leur voix sont si musicales qu'on pourrait presque ne pas prêter attention à leurs propos, penser qu'il ne s'agit que d'une comptine qui parle de colchiques ou de prés. Mais en tendant l'oreille...
Le français, l'anglais et l'allemand se succèdent au tableau noir, déclamant docilement le même message.
Un message de haine. De haine envers l'autre, celui d'en face. Celui qui a pris l'Alsace Lorraine par exemple. Illustration parfaite, en quelques minutes, de ce phénomène bien connu de manipulation des masses que l'on a appelé « Bourrage de crâne ».

Pour qui sonne le glas ?

Nous sommes en 1914. C'est l'été. Un été lumineux et ensoleillé. Même sur les hautes terres d'Ecosse. Un jeune homme exalté, vient sonner les cloches de la paisible église de campagne, nichée dans son écrin de verdure. La guerre est déclarée. Une époque s'achève. Le jeune homme dans sa hâte d'en découdre, n' a pas conscience que c'est un glas qu'il vient de sonner.
Palmer, le prêtre Anglican, sent un grand froid l'envahir, et il perçoit au moment où les cierges s'éteignent, l'ombre de la mort qui va s'étendre sur l'Europe ...
Aussi se porte-t-il volontaire pour assister les blessés et accompagner le jeune Jonathan et son frère exalté sur le front...
Des hommes dans la tourmente.

Ce sont des hommes que nous allons découvrir pris dans cet orage de sang et d'acier. Nikolaus Sprink (Benno Furmann) tout d'abord : ténor exceptionnel de l'Opéra de Berlin, appelé, il doit abandonner celle qu'il aime (Diane Krüger) et sa carrière pour partir s'enfouir dans la boue des tranchées. Cet allemand, idéaliste, ne vit que pour son art. En se rendant sur le front, il va découvrir le profond décalage entre l'arrière, la société privilégiée des officiers « planqués » au chaud et celle de l'avant, où les soldats tremblent de froid et de peur... Il va tout de suite être pris en grippe par le lieutenant Horstmayer (Daniel Brühl) qui ne voit en lui qu'un bon à rien...
Palmer (Gary Lewis) ensuite, le prêtre Anglican écossais, qui suit ses ouailles dans les affres de la douleur et de la culpabilité. Homme de Dieu avant tout, il ne rêve que de paix et de partage. Brancardier, il est prêt à tout pour sauver les vies mais surtout pour apaiser les âmes.
Audebert (Guillaume Canet) enfin. Ce lieutenant, issu d'une famille d'officier a du quitter sa femme, sur le point d'accoucher, pour rejoindre le front. C'est le c½ur au bord des lèvres qu'il sort de son abri pour diriger ses hommes. Assisté en permanence par Ponchel (extraordinaire Dany Boon), un brave garçon coiffeur qui a le c½ur sur la main, il tâche de faire au mieux alors que l'incertitude le ronge.

Une étrange trinité : l'artiste, l'homme de Dieu et le soldat.
Et un soir de Noël, alors que les cornemuses des écossais se mettent à sonner, le ténor allemand va se laisser emporter par la musique et se mettre à entonner un chant de Noël, sous le regard stupéfait des français ...
C'est alors qu'un incroyable souffle de paix va descendre sur le No man's land et qu'une trêve va s'instaurer. "Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté''
Ces mots tant répétés vont alors prendre tout leur sens...

Vous l'aurez compris, ce film traite avant tout des fraternisations qui advinrent à la Noël 1914 en maints endroits du front .
Ces fraternisations ne sont pas une invention de Christian Carion, elles ont réellement existé. Des cas semblables on été rapportés dans des carnets de guerre (notamment, ceux assez connus de Louis Barthas), des lettres de poilus, et des journaux. Ce qui donne à ce film une assez grande dimension pédagogique. Les recherches et la documentation ont été soignées à l'extrême. Détail qui ne trompe pas : le fameux pantalon garance que portent les soldats français au début de la guerre est présent et bien présent. Ce pantalon, peu adapté à cette guerre d'un genre nouveau qu'est la guerre de 14 (car rendant les soldats très repérables entre les lignes) sera ensuite remplacé par l'uniforme d'un bleu un peu délavé que nous connaissons bien...

Le choix de laisser les soldats parler dans leur langue natale sans les doubler est assez judicieux. Cela donne une idée de ce à quoi pouvaient ressembler les rapports entre français et écossais par exemple. On ne peut pas s'empêcher de sourire en entendant le lieutenant écossais rouler les r et en voyant les panneaux affichés sur les tranchées françaises (Rosbif land) et écossaises (Froggy land).
Les difficultés de communication vont être patentes à plusieurs reprises. Mais la musique aidant, les hommes finiront par exprimer leurs joies, leurs peines, leurs espérances... Que dire de ce moment magique où les cornemuses se mettent à sonner ?

Ces hommes qu'à priori même la langue sépare, vont se trouver une culture commune quand Palmer va dire la messe en latin, là, au milieu du No Man's land. Ils vont tous s'émouvoir de la voix angélique de la soprano Anna Sörensen interprétant un poignant Ave Maria...
Tout ces moments de chaleurs vont leur montrer qu'il appartiennent à la même humanité et qu'au fond il ne sont pas si différents. Que certains sentiments, certains désirs sont universels. Que finalement la nuit de Noël est celle de tous les possibles...

Dérisoire humanité...

Ce film se revendique comme un film humaniste, filmé à hauteur d'homme, sans prendre parti. Il se contente de rendre ces soldats venus de tous horizons profondément humains. Et à ce titre, c'est une réussite. Bien souvent, le spectateur oscille entre le rire et les larmes. Il ne faut surtout pas croire que ce film soit triste. Il y'a des moment où l'on rit à en perdre haleine, et d'autres où une boule douloureuse se forme au fond de votre gorge. Mais jamais on ne reste indifférent face à ces hommes qui ont tant subi. Comment ne pas penser aux poilus, qui eux ont vécu ces situations invraisemblables ?
On ressent les absurdités de la guerre dans toute leur splendeur. Cette impression assez terrible que le monde marche sur la tête et que la vie est dérisoire et fragile... Que tout est suréaliste... Que rien n'a de sens...

Cette impression aussi que les officiers à l'arrière mènent une guerre qu'ils ne comprennent pas, et qu'à cause de cela, ils prennent des décisions complètement délirantes. J'en veux pour exemple la décision d'un officier allemand de mettre des arbres de Noël tous les 5 m dans les tranchées, dépensant un argent qui aurait pu servir à améliorer l'ordinaire des soldats de façon moins inutile (et moins encombrante pour le passage déjà assez étroit des tranchées) ?
Le jeu des acteurs sonne très juste. Cela ne dégouline pas de bons sentiments, l'interprétation des différents protagonistes reste sobre, sans grandiloquence.
On s'émeut du désarroi de Sprink qui n'ose pas serrer Anna dans ses bras de peur de lui donner des poux... Et on admire le charisme du ténor quand il est pris par son art. On s'attendrit devant un Ponchel qui ne rêve que de prendre un café avec sa maman ...On se révolte avec un Palmer rabroué par sa hiérarchie... On s'angoisse avec un Audebert qui attend désespérément des nouvelles de sa femme...

Compassion. Souffrir avec. Tel est l'un des mots clef du film .
Nous sommes humains de par notre capacité à nous mettre à la place des autres.
Les personnages sont des hommes et des femmes avec un passé, qui se sont retrouvé jetés en plein milieu de la tourmente.
Diane Krüger est une Anna passionnée et décidée, d'une beauté lumineuse qui sera un peu l'ange de cette nuit de Noël pour les soldats loin de leurs foyers.
Daniel Brühl est un Horstmayer qui devient peu à peu attachant, pris entre ses contradictions...
Quant à Alex Ferns il interprète un lieutenant Gordon parfait. Cet officier écossais, qui n'est pas dénué de sens de l'humour (voir la scène des latrines) essaye de comprendre les fraternisations. Le personnage dégage une certaine sympathie. Il est peut être moins fermé que Audebert ou Horstmayer au départ.

La musique comme langage universel...


La musique est au tout premier plan de ce film. La musique joue en effet un rôle déterminant puisqu'elle permet aux hommes de communiquer. Et puis, elle adoucit les m½urs, c'est bien connu ! Le War theme du compositeur Philippe Rombi est particulièrement prenant, oppressant ( on peut l'entendre sur le site du film). Il annonce l'orage, il accompagne le jeune écossais sur la route de l'église. Ce sont les nuages de la mort qui s'amoncellent à l'horizon prenant toujours plus d'ampleurs. Ce sont les coups sourds qui pleuvent, lentement... C'est un thème lent mais inexorable...
Que dire de l'ave Maria, pur, sans emphase, tout en délicatesse... Finalement très sobre et sans fioritures qui tire les larmes aux rudes combattants de 14 dans la froide nuit de décembr ...
L'hymne des fraternisés (I'm dreaming of home), est aussi plein d'émotion, surtout joué par les cornemuses des Ecossais. Porteur de l'espoir d'un monde meilleur, de paix, il réchauffe le c½ur des hommes au c½ur de l'hiver...
Les Ecossais, toujours eux, jouerons aussi Auld lang syme ( Ce n'est qu'un au revoir) de façon assez ludique au cours de la fameuse et désopilante « valse des tranchées » comme je l'appelle.
Enfin, un des morceau les plus superbes du film est un duo entre la soprano et le ténor devant le prince héritier d'Allemagne. Donc « Bist du bei mir » est superbe (aprés vérification ce serait du Bach...). On sent vraiment la complicité entre les deux chanteurs , leurs sentiments réciproques . On dirait une suite de questions et de réponses, une sorte de dialogue très subtil...
Ah, j'oubliais les interprétes talentueux : il s'agit de Nathalie Dessay, une soprano française paraît-il trés connue, et Rolando Villazon, un ancien elève de Placido Domingo.

Mais alors ce film n'aurait que des qualités ?
Et bien non . Personnellement j'aurai quelques critiques à faire. Christian Carrion revendique le fait de ne pas faire de « spectaculaire gratuit ».
Très bien .Cependant, si la scène de l'assaut est très bien menée , je trouve cet univers un peu trop idéal. Les morts sont propres , on ne voit rien des atrocités de la guerre. Je ne suis pas plus sanguinaire que ça. Mais pour comprendre les angoisses des hommes, ils faut parfois montrer certaines réalités. Même si nous ne sommes qu'au début de la guerre, les blessés sont déjà légion...
Autre reproche, dans sa volonté de bien faire , Christian Carion a voulu montrer une grande partie des faits de fraternisations constatés .
Problème. On bout d'un moment cela devient un peu trop gros pour être totalement vraisemblable. Si l'intention (dénoncer un tabou) est louable , le résultat est parfois assez incroyable : je chante avec mes ennemis, puis je vais à la messe avec eux, je partage mon whisky, mon champagne et ma bière, je joue au foot avec eux, j'enterre mes morts avec eux... Trop de fraternisation tue peut-être la fraternisation... Même si, c'est vrai, certains, trop marqués par la guerre , refusent de fraterniser ...
En fait, cela lui retire un peu de cette dimension unique, précieuse . Cette succession de faits a le mérite de montrer l'absurdité de la guerre, certes, mais ça laisse le spectateur un peu rêveur ... Et on a de plus en plus de mal à percevoir ces épisodes comme des moments de grâce ...
Toutefois, l'idée du rêve éveillé et du -trés dur- retour à la réalité est assez bien exploité . Alors je n'arrive pas vraiment à en tenir rigueur au réalisateur . Somme toute, Joyeux Noël est un bon film. Un très bon film même .

Remuer son c½ur, remuer son esprit ...en son âme et conscience...
Je ne saurai donc trop vous recommander d'aller le voir.
Parce que tout n'est pas cousu de fil blanc . Parce que l'on rit, on pleure, on écoute les chants de Noël avec la même ferveur et la même émotion que les personnages .
Parce que Christian Carion , dans sa volonté de faire un film remue-mémoire et remue-méninge, remue aussi les âmes sensibles . C'est un film qui traque les extrémismes (il dénonce l'dée de " croisade"), la violence gratuite et les absurdités de la guerre .Ce film nous rappelle que ces soldats qu'on a voulu statufier en martyrs, en héros ( la patrie reconnaissante...) n'étaient que des hommes .
Et si ces fraternisations ont pu avoir lieu, c'est que résidait encore dans ces soldats dont on voulait faire depuis l'enfance des machines à tuer, un petit quelque chose qui ne voulait pas mourir : une part d'irréductible humain.


Pour en savoir plus : http://www.joyeuxnoel-lefilm.com/
Sortie Nationale le 9 Novembre 2005
Ce film a été choisi pour représenter la France aux Oscars 2006.

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# Online seit Sonntag, 07. Dezember, 2008 um 17:50